Chapelle 120809

Nous ne connaissons pas la date exacte de la construction de cette chapelle.

L'édifice que nous pouvons admirer aujourd'hui daterait du XIIè siècle, au moins en partie.

A-t-il remplacé une chapelle votive plus ancienne ? Cela ne semble pas improbable ...

Existait-il à cet emplacement un lieu de culte païen ? Aucun élément ne permet de l'affirmer mais ce n'est pas exclu !

La chapelle actuelle est une construction simple, de style roman pour l'essentiel.

Comme il se doit, cet édifice est orienté : le choeur est situé à l'est, au soleil levant. Cette orientation rappelle que Jésus-Christ est la lumière de Dieu qui vient éclairer ce monde ! A noter que le chevet du choeur est constitué d'un mur droit (chevet plat).

Il faut remarquer que le sol en pisé de cailloux de rivière, probablement moins coûteux que les carreaux de terre cuite !

Intérieur chapelle

Le plafond en bois a certainement remplacé une voûte effondrée ou volontairement détruite ... Difficile de l'affirmer !

A l'entrée du choeur, de chaque côté, deux piliers ont des chapiteaux sculptés, d'une facture assez naïve. Ces éléments ne sont pas datés.

Le chapiteau de gauche a été fixé sur un pilier récemment reconstitué : il présente trois léopards, deux dans une forme réaliste, celui du centre dans une attitude écartelée. Madame Bonnelle, historienne locale de talent, expliquait la présence de ces léopards comme un acte d'allégeance au roi anglais, sachant que la bastide de Lalinde a été fondée en 1267 par Henri III Plantagenêt.

Le chapiteau de droite est intéressant même si son interprétation est sujette à débat. Le groupe central représente l'épisode biblique que nous trouvons au livre de la Genèse (chapître 2) : au centre, un arbre, de part et d'autre deux personnages, Adam et Eve. Le serpent est enroulé autour de l'arbre qui, selon la tradition, est un pommier même si le texte biblique ne le précise pas ! Il semble bien que la scène représentée soit celle de la tentation. Le fruit de l'arbre défendu est présenté à Eve par le serpent.

A gauche de cette scène, il est possible de repérer un personnage muni d'un bâton qui ressemble à une crosse : il s'agirait d'une représentation de Saint-Front.

A droite de la scène se trouve figuré un aigle.

Dans tous les cas, ce chapiteau témoigne d'un travail de sculpture assez naïf ce qui n'attente en rien à sa beauté.

Il n'est pas étonnant de trouver dans ce lieu qui a été édifié en mémoire d'un miracle associé à Saint-Front une représentation de la scène biblique de la tentation. Le mal y prend, en effet, l'apparence d'un serpent. Or, la légende veut que Saint-Front ait chassé le coulobre (une couleuvre) qui terrorisait les habitants de la région.

En témoin de Jésus-Christ, Saint-Front a lutté contre le mal, ce mal aux multiples faces qui s'emploie à séduire l'Homme pour le détruire !

(Texte du Doyen de Lalinde Thierry Niquot* dans "Embarque avec Saint-Front lès Cadouin" - janvier 2008 - Photographies de Véronique Dubeau-Valade)

Saint-Front et le dragon en bois

*Thierry Niquot est prêtre du diocèse de Périgueux et Sarlat, vicaire épiscopal pour l’Ensemble pastoral du Périgord centre, prêtre accompagnateur du service diocésain de formation permanente et responsable du pôle Annonce de la Foi. Il a été professeur de philosophie aux séminaires de Poitiers (1996-1998) et Bordeaux (1998-2005).